Rupture d’anévrisme: les bons réflexes

Trucs et astuces
| Par Emmanuelle Élie | Jeudi, 25 Avril, 2013 - 10:52

Cette maladie rare, qui touche plus les femmes que les hommes, peut avoir des conséquences graves, parfois mortelles. Provoquant une hémorragie dans le cerveau, elle doit être soignée le plus vite possible.

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Des maux de tête soudains, violents et inhabituels. Ce sont les principaux symptômes de la rupture d’anévrisme cérébral, qui représente quelque 10% des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Fort heureusement, cette maladie – qui affecte plus fréquemment les femmes que les hommes (3 femmes pour 2 hommes) – s’avère très peu répandue puisqu’elle ne touche qu’une personne sur 10 000 par an environ. Quand elle survient, elle peut toutefois avoir des conséquences tragiques, laisser des séquelles importantes, voire provoquer le décès. Il est donc nécessaire de se faire opérer tôt.

L’anévrisme provient de la dilatation anormale d’une artère. Il se crée alors «une sorte de poche dont les parois sont minces et peuvent se rompre sous l’effet de la pression sanguine», explique Roy Daniel, médecin-chef de service de neurochirurgie du CHUV. Ce phénomène est susceptible d’affecter les différentes artères de l’organisme. Mais dans la mesure où il provoque des hémorragies, les conséquences se révèlent beaucoup plus sévères dans le cerveau.

Un risque plutôt faible

La rupture n’est cependant pas inéluctable et il arrive fréquemment que les parois de l’anévrisme ne lâchent pas, surtout lorsque la poche est de petite dimension – de 3 à 4 millimètres. D’ailleurs, dans la population, 2 à 4 personnes sur 100 ont des poches sur les artères qui, très souvent, sont découvertes fortuitement lors d’examens radiologiques. «Le risque de rupture est de 0,1% par an, précise le neurochirurgien. Cela signifie que, compte tenu de l’espérance de vie, une personne de 40 ans aura 4% de risque d’en être un jour affectée.» Le problème survient principalement entre 35 et 60 ans, même s’il arrive au neurochirurgien «d’avoir des patients plus jeunes». Il est parfois précédé de signes précurseurs comme «des maux de tête sentinelles dus à de petites hémorragies qui se ferment toutes seules». Mais la plupart du temps, la rupture intervient sans prévenir, de façon subite. En cas d’hémorragie massive, si l’on n’est pas traité rapidement, on risque la mort soudaine. En revanche, on estime «que la moitié des patients pris en charge à l’hôpital en sortent indemnes», souligne Roy Daniel. Ils reprennent alors leur vie normale. Parmi l’autre moitié, certains gardent malheureusement des séquelles dont la nature et la sévérité dépendent de la zone du cerveau touchée et de l’importance de l’hémorragie. Les conséquences peuvent être minimes, mais aussi se traduire par une paralysie ou une aphasie (voir encadré). D’autres personnes encore ne se réveillent pas.

Deux interventions possibles

Le traitement de la rupture d’anévrisme passe par la chirurgie, que l’on pratique à l’aide de deux techniques différentes. La première est le «clippage». Elle consiste à poser un clip – une sorte de petite pince en matériau biocompatible – sur le collet reliant la poche à l’artère. «De cette manière, précise Roy Daniel, on ferme l’anévrisme», et on interrompt l’entrée du sang dans la poche. Cette chirurgie ouverte est notamment choisie «lorsque l’hémorragie a laissé dans le cerveau beaucoup de sang qu’il faut ôter». Si tel n’est pas le cas, ou quand la forme de l’anévrisme le permet, les chirurgiens peuvent avoir recours à une méthode endoscopique moins invasive. «On introduit un cathéter par la cuisse et l’on remonte ce tube flexible jusqu’à l’anévrisme, que l’on remplit d’une petite spirale métallique afin de l’oblitérer complètement.»

Anticiper une fragilité

En matière de prévention, il n’y a pas grand-chose à faire quand l’anomalie de l’artère est liée à une faiblesse congénitale du tissu vasculaire. Lorsqu’un membre de sa famille a souffert de la maladie, mieux vaut toutefois se faire examiner afin de savoir si l’on a un anévrisme. Si celui-ci «a un risque élevé de se rompre, on propose une intervention chirurgicale», résume Roy Daniel. Mais la rupture d’anévrisme peut être favorisée par d’autres facteurs sur lesquels agir: l’hypertension artérielle, l’abus d’alcool, le tabac et certains contraceptifs oraux. Le stress et l’exercice intense ont aussi été mis en cause mais, souligne le spécialiste du CHUV, «il n’y a pas de lien prouvé». Dans tous les cas, lorsqu’on souffre de maux de tête violents et inhabituels, il est donc important d’aller à l’hôpital rapidement.

 

L’aphasie: une conséquence traitée par la logopédie

Médecin associé au Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil, à Lausanne, le Dr José Haba-Rubio apporte son éclairage sur les mécanismes de l’insomnie.

FEMINA Vous passez une partie de vos journées à vous pencher sur les (mauvaises) nuits de vos concitoyens. Concrètement, quand posez-vous un diagnostic d’insomnie?
José Haba-Rubio En fait, l’insomnie est un concept très subjectif: la personne qui en est atteinte perçoit son sommeil comme difficile à obtenir, de mauvaise qualité, de courte durée et non récupérateur. Ce qui se répercute dans la journée par de la somnolence, de la déconcentration, des problèmes de mémoire et de l’irritabilité. De par cet aspect subjectif – qui est dû au fait qu’il n’y a pas de standard «global» et que les paramètres du sommeil dépendent des biorythmes individuels – on n’a pas besoin d’examen particulier pour poser un diagnostic.

Quelles sont les causes principales d’une insomnie?
Cela dépend car il y a différents types d’insomnies. En premier lieu, il y a celle qui est liée à un problème ou à un stress ponctuel, qui se joue sur quelques nuits. Ce n’est pas très grave car on peut parfaitement récupérer. Et puis il y a les insomnies chroniques, qui durent sur des mois, voire sur des années.

A quoi sont-elles dues?
Là encore, on distingue deux grands groupes. A savoir l’insomnie secondaire, qui est symptomatique d’une autre maladie – douleurs chroniques, fièvre, dépression, etc. – et l’insomnie primaire. Celle-ci, probablement la plus répandue, est psychophysiologique. Elle est le résultat d’un mécanisme assez curieux… Suite à un coup de stress ou à un souci, une personne dort mal pendant quelques nuits. En soi, ce n’est pas grave. Le hic, c’est que même après que la cause du problème a disparu, elle n’arrive plus à retrouver un bon sommeil. Comme si son cerveau s’était déprogrammé, avait oublié comment on dort. Elle commence alors à développer une véritable angoisse à l’idée d’aller au lit. En gros, elle a peur de ne pas pouvoir dormir… et c’est justement cette peur qui fait qu’elle ne dort pas! Ce phénomène peut se résumer tout simplement: plus on dort mal, plus on a envie de dormir. Et plus on cherche le sommeil… plus il fuit.

Quelle est la solution, dans ce cas?
Il faut réapprendre au cerveau comment dormir, ce qu’on peut faire en s’appuyant sur différentes techniques. Actuellement, ce qui marche le mieux pour lutter contre l’insomnie primaire est la thérapie cognitivo-comportementale. C’est une thérapie brève qui, en l’occurrence, se focalise sur l’insomnie. D’un côté, on va essayer de comprendre pourquoi on ne dort pas, et de l’autre, on va faire changer le comportement, afin que le patient puisse retrouver un bon sommeil.

Quel est le pire ennemi du sommeil?
Le stress… dans tous ses aspects. Et puis une mauvaise hygiène de vie…


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